classement des récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l’unesco
Article paru dans les Nouvelles Calédoniennes du 31 août 2006 :
Leçon de choses pour le classement des récifs coralliens
Mardi soir, au centre socioculturel, Isabelle Ohlen, pour la Province sud, a dévoilé aux habitants de la commune le projet de demande de classement des récifs coralliens du territoire au patrimoine mondial de l’humanité.
Cette première présentation n’a pas attiré la grande foule mais le débat qui a suivi le diaporama a été enrichissant.
Ainsi l’auditoire a-t-il pu apprendre que la Nouvelle-Calédonie possède des sites à caractère exceptionnel, universel et inestimable. Ceux-ci ont été mis en évidence suite aux analyses écorégionales coordonnées en 2005 par WWF et menées par les scientifiques et les gestionnaires du territoire. Ces caractéristiques ont justifié la constitution d’un dossier de demande d’inscription des récifs coralliens au classement du patrimoine mondial.
Au cours de leur présentation, Isabelle Ohlen et François Devinck, chef du service de l’environnement à la Province sud, ont expliqué au public en quoi consistent l’inscription et les implications d’une telle démarche.
Ce projet de classement a été initié par l’Association « Corail vivant » avec le soutien du sénat coutumier, de 1999 à 2002. L’initiative a été reprise dès 2004 par l’ensemble des trois provinces et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Aujourd’hui, l’Etat et toutes les collectivités y contribuent au titre de leurs compétences respectives.
Identification des sites
Le dossier présenté par la Nouvelle-Calédonie sera adressé à l’UNESCO via son comité du patrimoine mondial. Ce sont en effet les experts de l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) qui vont vérifier le caractère exceptionnel des récifs coralliens à labelliser, ainsi que les engagements pris pour en assurer la conservation durable.
En tenant compte du cahier des charges défini par l’UNESCO, les récifs d’Entrecastreaux, du grand lagon Nord, de la zone côtière Nord, d’Ouvéa Beautemps-Beaupré, du grand lagon Sud et de la zone côtière Ouest, qui s’étend de la Roche Percée jusqu’à Ouano en passant par Poé, ont été retenus. Ces zones possèdent en effet une diversité exceptionnelle de poissons, des ressources halieutiques, des mangroves, des herbiers, des algueraies…
Il a fallu également proposer un plan de gestion participative coordonné par les Provinces. Chaque zone comportera un plan de gestion auquel seront associées les populations locales à travers la mise en place d’un comité de gestion par site.
« Ce sont en effet les utilisateurs, les gens de proximité, qui sont les mieux à même de signaler et de faire respecter les règles définies » a précisé Isabelle Ohlen. Une équipe décentralisée basée à Ouano et équipée des moyens matériels adéquats, sera chargée de la surveillance des sites classés.
Intégrité sur le long terme
Isabelle Ohlen a par ailleurs rappelé que l’inscription au patrimoine mondial n’était pas une mise en réserve. Les zones inscrites peuvent toujours faire l’objet d’un développement économique (pêche, tourisme…) soucieux de la préservation de l’environnement.
Cependant, l’inscription au patrimoine mondial entraînera une plus grande vigilance de la communauté internationale sur le développement de nouvelles activités en Nouvelle-Calédonie, dans et hors des zones inscrites. L’objectif du classement est de maintenir l’intégrité du bien sur le long terme. Si le dossier est retenu, la Nouvelle-Calédonie sera classée huitième site inscrit en raison d’une biodiversité marine exceptionnelle, cinquième site inscrit incluant des récifs coralliens, des mangroves et autres habitats et, surtout, premier site marin de l’outre-mer français.
À l’issue de cette présentation un débat animé a été engagé entre les deux conférenciers et le public. Les échanges ont été très fructueux et les réponses apportées semblent avoir satisfait les attentes de l’auditoire.
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Les grandes dates
Août 2005 à octobre 2006 : préparation d’un dossier de proposition d’inscription
31 Janvier 2007 : dépôt du dossier par la France au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Mars 2007 : expertise et inspection de l’UICN sur le terrain.
Juin 2008 : rapport de l’UICN au bureau du Patrimoine mondial. Soumission au comité du Patrimoine Mondial.