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Les électeurs sensibles aux questions écologiques

Les électeurs sensibles aux questions écologiques

Article paru dans le Journal de l’Environnement

Les spécialistes de la politique
française s’accordent à donner à l’environnement une place très importante lors de la campagne municipale.

Non, l’environnement n’est plus une mode, il est devenu un véritable enjeu électoral. C’est ce que devraient prouver les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars. Selon un sondage Ipsos
de novembre 2007 pour la Gazette des communes, l’environnement et le développement durable sont placés en tête de la hiérarchie des thèmes déterminants pour les Français: ils sont 31% à citer ce
thème, devant les écoles et les crèches (30%), et l’action en faveur des personnes âgées (29%). D’après une autre enquête du même institut pour le Courrier des maires, également réalisée en
novembre dernier, 44% des maires mentionnent l’environnement et le cadre de vie comme des thèmes qui seront davantage abordés en 2008 que lors de la campagne de 2001, loin devant la gestion de
l’augmentation de la population (33%).

Une lecture nationale, voire mondiale, peut être faite de cette évolution. «Dans les baromètres non publiés, nous avons observé un pic de l’intérêt pour cette thématique en 2007, lié à la
médiatisation du pacte de Nicolas Hulot, du Grenelle, du film et du prix Nobel d’Al Gore, etc.», note Stéphane Zumsteeg, directeur du département Opinion à l’institut de sondage Ipsos. «Les
exigences qui sont portées à l’échelle nationale devraient faire bouger les choses à l’échelle locale», analyse de son côté Daniel Boy, directeur de recherches au centre de recherches politiques de
Science-Po (Cevipof).

Mais la lecture peut également être beaucoup plus locale. «L’environnement, dans le sens de la qualité de vie, est un enjeu prégnant dans les villes, surtout dans les plus grandes où les maires ont
la capacité, la possibilité, et même le devoir d’agir», estime Jean-Daniel Lévy, directeur adjoint de CSA opinion. Cela passe par une politique des transports efficace qui diminue les
embouteillages, le bruit, la pollution de l’air. D’ailleurs, chaque maire de grande ville veut son tramway, et désormais, son système de location de vélos type Vélo’v (Lyon) ou Vélib’ (Paris),
excellents arguments de campagne pour se faire réélire. Autre interprétation très locale de l’environnement par Daniel Boy: «Pour les Français, l’environnement, ce n’est pas quelque chose de
sophistiqué comme le développement durable, ils sont surtout très sensibles à la propreté.»

Cette montée en puissance signifie aussi un électorat plus large sensible aux questions environnementales. «Même les chômeurs et les ouvriers ne font plus l’arbitrage entre qualité de vie et
efficacité économique», note Jean-Daniel Lévy. Toutefois, il n’est pas sûr que cela profite aux Verts, qui avaient obtenu d’excellents résultats aux municipales de 2001, puisque les autres grands
partis ne méprisent plus cette thématique.