{"id":333,"date":"2005-09-21T00:00:00","date_gmt":"1969-12-31T21:59:59","guid":{"rendered":"http:\/\/cap21-antilles.over-blog.com\/article-883757-6.html"},"modified":"2005-09-21T00:00:00","modified_gmt":"1969-12-31T21:59:59","slug":"lefigaromagazineledroitdusolnedoitplusetretabou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/lefigaromagazineledroitdusolnedoitplusetretabou\/","title":{"rendered":"Le Figaro Magazine : le droit du sol ne doit plus \u00eatre tabou"},"content":{"rendered":"<p><font color=\"#000080\"><\/p>\n<p>Les r&eacute;actions au sujet des propos tenus par Fran&ccedil;ois Baroin sur la question de l&rsquo;am&eacute;nagement&nbsp;du droit du sol sont nombreuses et la question&nbsp;m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;battue de savoir si des modifications juridiques permettraient &agrave; elle seules de r&eacute;soudre la question de l&rsquo;immigration clandestine dans certains DOM, et si elles ne seraient pas sans risque de cr&eacute;er un pr&eacute;c&eacute;dent.<\/p>\n<p>Aussi, pour lancer le d&eacute;bat et avoir votre point de vue, j&rsquo;ai choisi de publier l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; de l&rsquo;interview parue dans le Figaro Magazine du 17 septembre, par Sylvie Pierre-Brossolette.<\/p>\n<p>N&rsquo;h&eacute;sitez pas &agrave; publier vos commentaires.<\/p>\n<p><span><font><font><strong>Le Figaro Magazine : Apr&egrave;s une premi&egrave;re tourn&eacute;e outre-mer, quel est selon vous le probl&egrave;me le plus urgent &agrave; r&eacute;gler ?<\/strong><\/font><\/font><\/span><\/p>\n<p><span><span><font><span><\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><font><font>Fran&ccedil;ois Baroin :<\/font> <\/font>Il existe deux grands chantiers prioritaires : l&#8217;emploi et l&rsquo;immigration. Concernant le premier, des mesures gouvernementales pour l&#8217;emploi outre-mer sont engag&eacute;es. L&rsquo;indicateur de ch&ocirc;mage, m&ecirc;me s&rsquo;il reste trop &eacute;lev&eacute;, est en tr&egrave;s net recul pour l&rsquo;ensemble des DOM depuis juin 2002. Le chantier le plus important, c&rsquo;est l&rsquo;immigration. Beaucoup de choses restent &agrave; faire. A Mayotte et en Guyane, par exemple, plus d&rsquo;un habitant sur quatre est un &eacute;tranger en situation irr&eacute;guli&egrave;re. En Guadeloupe, le nombre de personnes en provenance d&rsquo;Ha&iuml;ti ayant sollicit&eacute; une demande d&rsquo;asile est pass&eacute; de 135 en 2003 &agrave; 3 682 en 2004. La majorit&eacute; des reconduites &agrave; la fronti&egrave;re concernent l&rsquo;outre-mer. Si, en m&eacute;tropole, on avait le m&ecirc;me taux d&rsquo;immigration clandestine, cela ferait 15 millions de clandestins sur le sol m&eacute;tropolitain. Vous imaginez les tensions sociales possibles. A terme, c&rsquo;est tout l&rsquo;&eacute;quilibre d&eacute;mographique qui s&rsquo;en trouvera modifi&eacute;. Sans parler du fait que les immigr&eacute;s irr&eacute;guliers sont compl&egrave;tement exploit&eacute;s, cette situation engendre bien &eacute;videmment un fort d&eacute;s&eacute;quilibre &eacute;conomique et des tensions sociales exacerb&eacute;es. Le travail clandestin, qui est une forme moderne d&rsquo;esclavage, est tout aussi inacceptable au XXIe si&egrave;cle.<\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><span><font><font><strong><span><font><font>Le Figaro Magazine : <\/font><\/font><\/span>Comment emp&ecirc;cher les clandestins d&rsquo;entrer sur le territoire fran&ccedil;ais ?<\/strong><\/font><\/font><\/span><\/p>\n<p><span><span><font><\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><strong><font color=\"#ff7f50\">Fran&ccedil;ois Baroin : <\/font><\/strong>A situation particuli&egrave;re, politique particuli&egrave;re. En Guyane, les fronti&egrave;res avec le Br&eacute;sil et le Surinam ont une longueur totale de pr&egrave;s de 3 000 kilom&egrave;tres. Il est impossible de les surveiller m&egrave;tre par m&egrave;tre. A Mayotte, la proximit&eacute; avec les Comores implique une surveillance du littoral, car l&rsquo;immigration se fait par la mer et sur de petites embarcations de type canots de p&ecirc;che. Il faut donc des mesures radicales. Sur ma proposition, une premi&egrave;re s&eacute;rie de mesures a &eacute;t&eacute; accept&eacute;e au comit&eacute; interminist&eacute;riel de contr&ocirc;le de l&rsquo;immigration du 27 juillet dernier. Une loi viendra dans les tout prochains mois compl&eacute;ter ce dispositif de mesures de gestion en proc&eacute;dant &agrave; l&rsquo;indispensable adaptation de notre droit &agrave; ces situations particuli&egrave;res. Il s&rsquo;agira, notamment &agrave; la Guadeloupe, &agrave; la Martinique et &agrave; Mayotte, de permettre le contr&ocirc;le d&rsquo;identit&eacute; de toute personne et de faire des visites sommaires de certains v&eacute;hicules dans une zone de quelques kilom&egrave;tres &agrave; partir du littoral. Comme c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; le cas en Guyane, nous allons, en Guadeloupe, en Martinique et &agrave; La R&eacute;union supprimer le caract&egrave;re suspensif des recours form&eacute;s contre un arr&ecirc;t&eacute; de reconduite &agrave; la fronti&egrave;re pour acc&eacute;l&eacute;rer les d&eacute;lais. Nous allons pouvoir saisir ou d&eacute;truire tous les v&eacute;hicules (avions, voitures, bateaux) qui auront servi &agrave; transporter des clandestins. Il va falloir aller plus loin. A Mayotte, j&rsquo;&eacute;tudie la possibilit&eacute; de limiter &agrave; un d&eacute;lai d&rsquo;un an apr&egrave;s la naissance de l&rsquo;enfant la p&eacute;riode pendant laquelle un Fran&ccedil;ais peut reconna&icirc;tre un enfant naturel dont la m&egrave;re est &eacute;trang&egrave;re. On peut &eacute;galement envisager de modifier ou de suspendre temporairement certaines r&egrave;gles relatives &agrave; l&rsquo;acquisition de la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise &agrave; Mayotte. Par exemple, poser la r&egrave;gle de la r&eacute;gularit&eacute; du s&eacute;jour des parents comme condition pour l&rsquo;acc&egrave;s ult&eacute;rieur des enfants &agrave; la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise. Mayotte a une surface comparable &agrave; l&rsquo;&icirc;le d&rsquo;Ol&eacute;ron. La croissance de sa population (180 000 habitants, dont bient&ocirc;t une majorit&eacute; d&rsquo;&eacute;trangers) est quasiment le fait des naissances d&rsquo;immigr&eacute;s clandestins. Car les m&egrave;res viennent accoucher l&agrave; pour que leurs enfants obtiennent la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><span><font><strong><span><font><font>Le Figaro Magazine : <\/font><\/font><\/span>Faut-il remettre en question le droit du sol ?<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><span><\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><strong><font color=\"#ff7f50\">Fran&ccedil;ois Baroin : <\/font><\/strong>Il faudrait l&rsquo;envisager pour certaines collectivit&eacute;s d&rsquo;outre-mer, car nous sommes confront&eacute;s &agrave; des politiques de peuplement non ma&icirc;tris&eacute;es. Si l&rsquo;on ne fait rien maintenant, &agrave; terme, ce sera l&rsquo;explosion sociale. Pour enrayer ce ph&eacute;nom&egrave;ne, nous devons avoir recours &agrave; des mesures &agrave; caract&egrave;re exceptionnel. Une remise en question du droit du sol ne provoque pas les m&ecirc;mes r&eacute;ticences outre-mer qu&rsquo;en m&eacute;tropole. L&rsquo;histoire, la g&eacute;ographie de l&rsquo;outre-mer ne sont pas toujours les m&ecirc;mes qu&rsquo;en m&eacute;tropole. Le droit du sol n&rsquo;a pas toujours connu la m&ecirc;me application, et, au fur et &agrave; mesure qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; &eacute;tendu, il y a eu des abus. Je reviens sur la situation de Mayotte : la maternit&eacute; de Mamoudzou est, avec 7 500 naissances annuelles, la plus active de France. Deux tiers des m&egrave;res sont comoriennes, et environ 80% d&rsquo;entre elles sont en situation irr&eacute;guli&egrave;re. On estime &agrave; 15% le nombre de ces m&egrave;res qui retournent aux Comores apr&egrave;s avoir accouch&eacute;. Il y a aussi de nombreux cas de paternit&eacute; fictive. Il est de notori&eacute;t&eacute; publique qu&rsquo;&agrave; Mayotte, la reconnaissance de paternit&eacute; par un Fran&ccedil;ais est un &laquo;service&raquo; qui s&rsquo;ach&egrave;te.<\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><span><font><strong><span><font><font>Le Figaro Magazine : <\/font><\/font><\/span>Compte tenu de l&rsquo;ampleur du ph&eacute;nom&egrave;ne que vous d&eacute;crivez, une nouvelle loi sera-t-elle suffisante ?<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><span><span><\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><strong><font color=\"#ff7f50\">Fran&ccedil;ois Baroin : <\/font><\/strong>Pas seulement. La mobilisation de tous est n&eacute;cessaire. La loi doit s&rsquo;accompagner de moyens cons&eacute;quents et d&rsquo;une implication forte de toutes les administrations de l&rsquo;Etat. Je m&rsquo;engage &agrave; veiller &agrave; ce que cette politique soit appliqu&eacute;e de mani&egrave;re prioritaire par nos pr&eacute;fets, hauts commissaires, gendarmes, policiers, douaniers, et que l&rsquo;arm&eacute;e puisse nous apporter son concours dans les zones difficiles. Je ferai en sorte que ceux qui s&rsquo;impliquent le plus dans cette politique soient r&eacute;compens&eacute;s. Surtout, il est essentiel que nos compatriotes d&rsquo;outre-mer aient des attitudes responsables et civiques. On ne peut pas se plaindre de l&rsquo;immigration clandestine et en m&ecirc;me temps employer des clandestins comme jardinier, femme de m&eacute;nage ou chauffeur de taxi. J&rsquo;ai donn&eacute; des instructions particuli&egrave;res pour qu&rsquo;il soit fait application la plus stricte des obligations statutaires, avec proc&eacute;dures disciplinaires syst&eacute;matiques, aux fonctionnaires et agents des services de l&rsquo;Etat qui seraient convaincus de telles pratiques.<\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><span><font><strong><span><font><font>Le Figaro Magazine : <\/font><\/font><\/span>Les propositions que vous faites pour l&rsquo;outre-mer seraient-elles applicables en m&eacute;tropole ?<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><span><span><\/p>\n<p class=\"TAJustify\"><strong><font color=\"#ff7f50\">Fran&ccedil;ois Baroin : <\/font><\/strong>Nous allons voir ce qui marche le mieux, mais les situations sont diff&eacute;rentes, il ne s&rsquo;agit pas de faire un calque. Cela permet, quoi qu&rsquo;il en soit, de faire bouger les lignes, de sortir des tabous. Le droit du sol ne doit plus en &ecirc;tre un. J&rsquo;ai bien conscience de l&rsquo;importance de ce d&eacute;bat. Des probl&egrave;mes peuvent se poser au regard des libert&eacute;s publiques et des conditions d&rsquo;acquisition de la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise, auxquelles je suis personnellement attach&eacute;. Mais lorsqu&rsquo;on r&eacute;duit le territoire et que l&rsquo;on augmente les flux, ce n&rsquo;est plus simplement un probl&egrave;me de coh&eacute;sion sociale, c&rsquo;est la question de la souverainet&eacute; qui est pos&eacute;e. Quelques mois apr&egrave;s ma prise de fonction, je constate que l&rsquo;outre-mer a bien souvent &eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;avant-garde de la modernisation de notre soci&eacute;t&eacute;, pas seulement dans ce domaine coercitif, mais aussi dans celui des libert&eacute;s publiques, avec la d&eacute;centralisation, les finances locales ou la r&eacute;forme de l&rsquo;administration territoriale de l&rsquo;Etat. Alors pourquoi, dans le traitement de ce d&eacute;licat et douloureux probl&egrave;me auquel est confront&eacute;e notre soci&eacute;t&eacute;, l&rsquo;outre-mer ne contribuerait-il pas &agrave; la d&eacute;finition de quelques pistes nouvelles ?<\/p>\n<p><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/font><\/span><\/span><\/span><\/font><\/span><\/span><\/font>\t\t\t<\/p>\n<div class=\"clear center\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les r&eacute;actions au sujet des propos tenus par Fran&ccedil;ois Baroin sur la question de l&rsquo;am&eacute;nagement&nbsp;du droit du sol sont nombreuses<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"close","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-333","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/333","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=333"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/333\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=333"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=333"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=333"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}