{"id":322,"date":"2006-09-06T00:00:00","date_gmt":"1969-12-31T21:59:59","guid":{"rendered":"http:\/\/cap21-antilles.over-blog.com\/article-3756477-6.html"},"modified":"2006-09-06T00:00:00","modified_gmt":"1969-12-31T21:59:59","slug":"leparcnationaldeguyanevaenfinvoirlejour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/leparcnationaldeguyanevaenfinvoirlejour\/","title":{"rendered":"Le parc national de Guyane va enfin voir le jour"},"content":{"rendered":"<p align=\"left\">Article paru dans <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/sciences\/20060906.FIG000000018_le_parc_national_de_guyane_va_enfin_voir_le_jour.html\" target=\"_blank\">Le Figaro<\/a> du 6 septembre 2006, par Caroline de Malet<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Le parc national de Guyane va enfin voir le jour<\/strong><\/p>\n<p><strong><font color=\"#666666\"><br \/>Le projet prend en compte la sp&eacute;cificit&eacute; des coutumes des Am&eacute;rindiens, mais ne r&eacute;sout pas le probl&egrave;me de l&rsquo;orpaillage.<\/p>\n<p><\/font><\/strong>Depuis quinze ans que l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un parc national en Guyane a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e au sommet de la Terre &agrave; Rio, personne n&rsquo;osait encore y croire. Pourtant, le projet de Parc amazonien de Guyane, rejet&eacute; en 1998 par les &eacute;lus guyanais avant d&rsquo;&ecirc;tre relanc&eacute; en 2003, est sur le point de voir le jour. <\/p>\n<p>A&nbsp;partir du 20 septembre, il va &ecirc;tre soumis &agrave; enqu&ecirc;te publique pendant un mois, en vue de sa cr&eacute;ation &agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e ou au plus tard d&eacute;but 2007. Couvrant une surface de 3,39 millions d&rsquo;hectares, soit plus du tiers de la Guyane, ce parc <em>&laquo;ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas &agrave; une simple volont&eacute; de prot&eacute;ger le milieu, <\/em>pr&eacute;cise le projet. <em>Il (&#8230;) propose une politique de d&eacute;veloppement adapt&eacute;e au Sud&raquo;.<\/em>&nbsp;<\/p>\n<p>En d&eacute;pit de trois ann&eacute;es de concertation sur le sujet, les Guyanais risquent de manifester leur d&eacute;ception par rapport &agrave; ce qui leur appara&icirc;t comme une occasion rat&eacute;e de r&eacute;gler le probl&egrave;me de l&rsquo;orpaillage ill&eacute;gal, qui mine le territoire et ses habitants. <strong><em>&laquo;Une fois de plus, l&rsquo;Etat a jou&eacute; contre l&rsquo;environnement et la population guyanaise&raquo;, <\/em>lance Beno&icirc;t Chauvin, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; outre-mer de Cap 21, le parti de Corinne Lepage.<\/strong> En premier lieu, parce que l&#8217;emplacement du parc, au sud d&rsquo;une ligne coupant la Guyane d&rsquo;ouest en est, n&rsquo;est pas jug&eacute; le plus opportun par tous : ni par les biologistes, qui jugent la biodiversit&eacute; plus menac&eacute;e au nord, ni par ceux qui r&ecirc;vent d&rsquo;un &eacute;cotourisme guyanais, le nord &eacute;tant plus facile d&rsquo;acc&egrave;s.&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Concentrations anormales de mercure <br \/><\/em><\/strong><br \/>Deuxi&egrave;me crainte : <em>&laquo;C&rsquo;est perdu pour les Am&eacute;rindiens !&raquo;, <\/em>redoute Brigitte Wyngaarde, chef coutumier am&eacute;rindien du village de Balat&eacute;, sur le littoral, au nord, &agrave; la fronti&egrave;re du Surinam. Car la cr&eacute;ation du parc national devrait de facto abroger l&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; de 1970, qui interdit la libre circulation dans la zone sud de la Guyane, soumise actuellement &agrave; autorisation sp&eacute;ciale. <em>&laquo;L&rsquo;acc&egrave;s sera libre pour d&eacute;velopper le tourisme et les Am&eacute;rindiens vont se faire berner&raquo;, <\/em>explique-t-elle. Car les revendications territoriales des Indiens d&rsquo;Amazonie n&rsquo;ont gu&egrave;re &eacute;t&eacute; calm&eacute;es par le d&eacute;cret de 1987 qui leur conf&egrave;re seulement un droit d&rsquo;usage sur leurs terres. <em>&laquo;Ce parc est une fa&ccedil;on pour la France de r&eacute;gler le probl&egrave;me des Am&eacute;rindiens. On leur promet du d&eacute;veloppement, mais il n&rsquo;y aura aucune retomb&eacute;e pour eux. Surtout, n&rsquo;&eacute;tant pas propri&eacute;taires de leurs terres, ils ne seront pas en mesure de n&eacute;gocier la gestion de l&rsquo;espace&raquo;, <\/em>lance Brigitte Wyngaarde. <\/p>\n<p>De nombreux am&eacute;nagements ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;vus pour respecter le mode de vie des Am&eacute;rindiens mais la d&eacute;cision d&rsquo;autoriser ou non l&rsquo;orpaillage, qui mine leur vie quotidienne et leur sant&eacute;, d&eacute;pendra du bon vouloir de chacune des communes figurant dans le p&eacute;rim&egrave;tre du parc amazonien. Car conform&eacute;ment au sch&eacute;ma d&eacute;fini par la loi, la zone prot&eacute;g&eacute;e ne concerne que ce qu&rsquo;on appelle le <em>&laquo;coeur&raquo; <\/em>du parc, soit les deux tiers environ de sa superficie. Ici, point d&rsquo;activit&eacute; commerciale, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;exploitation foresti&egrave;re ou mini&egrave;re, m&ecirc;me si les activit&eacute;s de subsistance telles que la chasse et la p&ecirc;che devraient y rester autoris&eacute;es. Le reste, <em>&laquo;zone de libre adh&eacute;sion&raquo;, <\/em>regroupe le p&eacute;rim&egrave;tre des immenses communes (Maripasoula est la plus grande de France en superficie) qui en font partie. <em>&laquo;Chacune d&rsquo;elles d&eacute;terminera seule les activit&eacute;s qu&rsquo;elle juge compatibles avec le respect de l&rsquo;environnement, <\/em>pr&eacute;cise Ren&eacute;-Claude Minidoque, de la Mission pour la cr&eacute;ation du parc de la Guyane. <em>Nous allons insister sur l&rsquo;orpaillage &laquo;propre&raquo;.<\/em> <\/p>\n<p>Mais si les Am&eacute;rindiens de Camopi, &agrave; l&rsquo;est, sont oppos&eacute;s &agrave; l&rsquo;exploitation de l&rsquo;or jaune, les Noirs marrons de Maripasoula le pratiquent clandestinement &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me ouest, ainsi que des Br&eacute;siliens au coeur de la for&ecirc;t. En attendant, les d&eacute;g&acirc;ts sont l&agrave;, comme l&rsquo;ont montr&eacute; plusieurs &eacute;tudes de l&rsquo;Institut de veille sanitaire. Si l&rsquo;on en croit une &eacute;tude r&eacute;alis&eacute;e par Solidarit&eacute; Guyane dans trois villages am&eacute;rindiens du Haut-Maroni &agrave; partir de pr&eacute;l&egrave;vements de cheveux, les concentrations moyennes de mercure, qui se font principalement par la consommation d&rsquo;eau des fleuves pollu&eacute;s et de poissons, continuent d&rsquo;augmenter. En septembre 2005, elles atteignaient 13,1 microgrammes par gramme de cheveu en moyenne, avec des maximales atteignant 25,82 g\/g, alors que l&rsquo;Organisation mondiale de la sant&eacute; (OMS) fixe la limite &agrave; 10. Certains enfants ont des taux de contamination dix fois sup&eacute;rieurs &agrave; la moyenne mondiale. <\/p>\n<p>Le parc amazonien de Guyane serait-il pass&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute; de sa mission ? <em>&laquo;L&rsquo;orpaillage clandestin rel&egrave;ve de la comp&eacute;tence du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur. La centaine d&rsquo;agents du parc aura un r&ocirc;le de police administrative, pr&eacute;ventive, mais sans r&eacute;pression&raquo;, <\/em>r&eacute;pond Ren&eacute;-Claude Minidoque. <em>&laquo;L&rsquo;orpaillage est un autre sujet et le minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur a, depuis trois ans, renforc&eacute; les moyens de lutte contre ces activit&eacute;s ill&eacute;gales, notamment en mettant en place une collaboration entre l&rsquo;arm&eacute;e et la police&raquo;, <\/em>souligne-t-on dans l&rsquo;entourage de la ministre de l&rsquo;Ecologie. Peut-&ecirc;tre ne faut-il tout simplement pas trop attendre d&rsquo;un tel projet environnemental, qui n&rsquo;a pas vocation &agrave; r&eacute;gler tous les probl&egrave;mes de police et de s&eacute;curit&eacute; sanitaire. C&rsquo;est l&agrave; que r&eacute;side toute l&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; d&rsquo;un tel parc, sur lequel deux conceptions radicalement diff&eacute;rentes de d&eacute;veloppement durable s&rsquo;affrontent depuis le d&eacute;but.<\/p>\n<div class=\"clear center\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article paru dans Le Figaro du 6 septembre 2006, par Caroline de Malet Le parc national de Guyane va enfin<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"close","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-322","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=322"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/322\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}