{"id":303,"date":"2006-07-13T00:00:00","date_gmt":"1969-12-31T21:59:59","guid":{"rendered":"http:\/\/cap21-antilles.over-blog.com\/article-3271252-6.html"},"modified":"2006-07-13T00:00:00","modified_gmt":"1969-12-31T21:59:59","slug":"quellesdoiventetrenospriorites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/quellesdoiventetrenospriorites\/","title":{"rendered":"Quelles doivent \u00eatre nos priorit\u00e9s ?"},"content":{"rendered":"<p>Comment arrive-t-on &agrave; rester indiff&eacute;rent &agrave; la mis&egrave;re qui nous entoure ?<\/p>\n<p>Comment peut-on se concentrer sur les probl&egrave;mes d&rsquo;environnement de la Guadeloupe et de la Martinique alors que nos plus proches voisins n&rsquo;ont m&ecirc;me plus &agrave; manger et en sont r&eacute;duits &agrave; s&rsquo;alimenter de galettes d&rsquo;argile pour tromper leur faim ?<\/p>\n<p>Voici pour en savoir plus l&rsquo;article paru dans temoignages.re<\/p>\n<p class=\"spip\" align=\"center\"><strong>Ha&iuml;ti&nbsp;: manger de la terre pour tromper la faim<\/strong> <\/p>\n<p class=\"spip\" align=\"justify\">Dans l&rsquo;&eacute;dito d&rsquo;hier, Lucien Biedinger &eacute;voquait ces galettes de terre &quot;comestibles&quot; pour ne plus avoir faim&#8230; Nous revenons aujourd&rsquo;hui sur ce qui nous para&icirc;t comme symptomatique d&rsquo;une situation qui ne devrait pas exister.<\/p>\n<p class=\"spip\" align=\"justify\">Assise parmi ses sacs de terre blanch&acirc;tre dans une rue des Gona&iuml;ves, une ville de l&rsquo;Artibonite &agrave; l&rsquo;Ouest d&rsquo;Ha&iuml;ti, Altagrace Danastore, marchande de tablettes d&rsquo;argile, n&rsquo;est nullement d&eacute;sar&ccedil;onn&eacute;e quand on lui fait remarquer que la terre n&rsquo;est pas, en principe, une denr&eacute;e alimentaire. <em>&quot;Moi aussi, je mange des tablettes de terre et &ccedil;a apaise ma faim&nbsp;!&quot;,<\/em> r&eacute;torque cette femme de 57 ans, m&egrave;re et grand-m&egrave;re d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;enfants. Elle pratique ce commerce depuis que les rizi&egrave;res de l&rsquo;Artibonite sont &agrave; l&rsquo;abandon, concurrenc&eacute;es par l&rsquo;importation massive de riz am&eacute;ricain, moins cher parce que subventionn&eacute;. <br \/>Elle prend son argile dans le Plateau central. <em>&quot;L&agrave;-bas, le sac de 50 kilos ne co&ucirc;te que 250 gourdes (environ 5 euros)&quot;, <\/em>explique-t-elle. Elle m&eacute;lange ensuite la terre avec de l&rsquo;eau, y ajoute un peu de beurre et de sel, puis filtre la boue ainsi obtenue dans une bande de tissu afin d&rsquo;en extraire le gravier et autres d&eacute;bris. La boue est alors moul&eacute;e en disques de 2 centim&egrave;tres d&rsquo;&eacute;paisseur aux dimensions d&rsquo;un CD, qui sont ensuite s&eacute;ch&eacute;s au soleil<em>. &quot;Je pr&eacute;pare mes tablettes dans de bonnes conditions afin que personne ne pr&eacute;tende qu&rsquo;elles sont sources de maladies&quot;,<\/em> dit la marchande. <\/p>\n<p class=\"spip\" align=\"justify\"><strong>Pour 2 euros par jour<\/strong> <\/p>\n<p class=\"spip\" align=\"justify\">Altagrace n&rsquo;est pas la seule marchande de terre alimentaire en Ha&iuml;ti. &Agrave; mesure que la mis&egrave;re augmente dans les bidonvilles et certaines zones rurales touch&eacute;es par la s&eacute;cheresse, ils sont nombreux &agrave; exploiter ce nouveau filon. <em>&quot;Des familles tr&egrave;s pauvres ont vu leur situation &eacute;conomique s&rsquo;am&eacute;liorer gr&acirc;ce &agrave; cette activit&eacute;&quot;,<\/em> confirme Armand Noz&eacute;, un ancien Maire de Plaisance du Sud.<br \/>&Agrave; Anse Rouge, une commune perdue du d&eacute;partement du Nord-Ouest, 700 personnes fouillent le sol &agrave; la recherche de l&rsquo;argile, qu&rsquo;elles mettent ensuite en sac. Au total, plus de 2.000 familles vivent de ce commerce dans cette commune oubli&eacute;e, &agrave; moins de 200 km &#8211; et plus de 12 heures de route &#8211; de Port-au-Prince. <em>&quot;Mon &eacute;quipe travaille ici depuis 8 ans et aujourd&rsquo;hui, gr&acirc;ce &agrave; la terre, nous avons de quoi &eacute;duquer nos enfants&quot;,<\/em> se f&eacute;licite Emmanuel Dieulif&egrave;t, un paysan.<br \/>La pr&eacute;paration des tablettes d&rsquo;argile s&rsquo;y fait dans des conditions d&rsquo;hygi&egrave;ne d&eacute;plorables. D&eacute;goulinant de sueur sous un soleil de plomb, des brasseurs de terre qui disent gagner jusqu&rsquo;&agrave; 75 gourdes par jour (moins de 2 euros) malaxent argile, beurre et sel, puis disposent les tablettes &agrave; s&eacute;cher parmi les ordures o&ugrave; prolif&egrave;rent rats et chiens fam&eacute;liques. <em>&quot;Ces ordures ne peuvent pas infecter la marchandise puisque le soleil tue les microbes&nbsp;!&quot;,<\/em> assure Dalien Rosemarie, brasseuse de terre &agrave; Cit&eacute; Soleil. <\/p>\n<p class=\"spip\" align=\"justify\"><strong>Une honte pour nous<\/strong> <\/p>\n<p class=\"spip\" align=\"justify\">De plus en plus r&eacute;pandue dans le pays, la mode de l&rsquo;argile semble gagner la diaspora. Certains Ha&iuml;tiens de l&rsquo;&eacute;tranger d&eacute;veloppent le go&ucirc;t de la terre. <em>&quot;Mes amis de New York m&rsquo;ont demand&eacute; des tablettes de terre de m&ecirc;me que du caf&eacute; ha&iuml;tien,<\/em> explique Yvette Dolcin qui r&eacute;side aux &Eacute;tats-Unis, en saisissant une poign&eacute;e de tablettes, vendues 3 gourdes l&rsquo;unit&eacute; (0,06 euros), dans un march&eacute; du centre-ville de Port-au-Prince.<em> Ils seront contents &agrave; mon arriv&eacute;e, car l&agrave;-bas cette terre est rare&quot;.<\/em><br \/>Jusqu&rsquo;ici, les autorit&eacute;s ferment les yeux sur cet usage risqu&eacute; pour la sant&eacute; publique, qui ne r&eacute;pond &agrave; aucune tradition<em>. &quot;Nous voudrions en finir avec cette pratique<\/em>, dit Rodolphe Malebranche, un ancien Ministre de la Sant&eacute; publique.<em> Mais comment l&rsquo;emp&ecirc;cher si les gens qui en font le commerce n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre activit&eacute; &eacute;conomique&nbsp;? Chose certaine, c&rsquo;est une honte pour nous&quot;.<\/em><\/p>\n<div class=\"clear center\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment arrive-t-on &agrave; rester indiff&eacute;rent &agrave; la mis&egrave;re qui nous entoure ? Comment peut-on se concentrer sur les probl&egrave;mes d&rsquo;environnement<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"close","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[165],"tags":[],"class_list":["post-303","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-billetsdhumeur"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=303"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/303\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.benoitchauvin.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}